Aujourd’hui, Peter Steinberger, fondateur d’OpenClaw, a publié des excuses publiques. L’objectif ici n’est pas de faire le procès du produit, mais de mettre en lumière une situation critique que beaucoup d’entre nous vivent actuellement.

Ce message s’adresse autant aux gestionnaires qu’aux experts TI engagés dans la transition vers l’intelligence artificielle.

Mise en contexte

Comme plusieurs d’entre vous, j’explore activement l’écosystème des agents IA. Depuis le début de l’année, OpenClaw était mon principal outil pour tester et orchestrer différentes solutions en laboratoire.

La théorie est une chose, mais l’expérimentation est cruciale dans la transition technologique actuelle. Ayant personnellement intégré des solutions d’IA avec succès (notamment au Port de Montréal et chez Dollarama) au cours des dernières années, je peux affirmer que ce n’était rien comparé à la puissance des modèles déployés depuis un an. Et nous n’en sommes qu’aux balbutiements.

En immersion dans ma « Batcave »

Pour pousser mes environnements à la limite, j’ai architecturé plusieurs systèmes redondants intégrant des agents aux rôles très spécifiques. En somme, j’ai créé une véritable entreprise virtuelle composée d’experts spécialisés. L’idée n’est pas de détailler ma méthodologie ici (YouTube regorge d’excellents tutoriels à ce sujet).

Cependant, avec mon bagage de directeur d’exploitation, la sécurité et la sauvegarde des environnements sont non négociables. Mais une question s’impose : que fait-on lorsque c’est le produit fondamental lui-même qui s’effondre ?

On pourrait me rétorquer qu’OpenClaw est un projet open source distribué gratuitement sur GitHub. J’en conviens. Sauf qu’il est soutenu par les titans de l’industrie comme OpenAI et NVIDIA. Avec de tels acteurs et des centaines de contributeurs, on est en droit d’exiger un niveau de rigueur digne des standards d’entreprise.

L’effondrement OpenClaw 2026.4

Les premiers symptômes sont apparus la semaine dernière : mises à jour erratiques et un lourd sentiment de régression totale du produit. Ce week-end, la coupe était pleine. Comme beaucoup d’utilisateurs, j’ai migré vers Hermès, qui devient mon orchestrateur principal. Cela sauve mes projets, mais la frustration de la communauté est palpable et la grogne monte sur les réseaux.

Il ne faut pas oublier les investissements massifs en temps (est-ce vraiment gratuit ?) et en argent que cela implique. Un collègue a englouti près de 50 000 $ cette année en matériel et API pour bâtir son infrastructure. Autant dire que ses nuits sont courtes en ce moment.

L’avenir et nos responsabilités

Au-delà de l’outil, cet épisode est symptomatique. Le message de Peter Steinberger marque un jalon : il est devenu la victime collatérale de la frénésie de l’industrie. Des milliards sont injectés dans l’IA avec un retour sur investissement actuel quasi nul ; on parie sur l’avenir. Pourtant, les géants exigent des quick wins pour nous vendre un monde merveilleux façonné par leurs outils (pardonnez mon sarcasme). C’est une véritable course à l’armement technologique, et elle fera des victimes.

C’est donc à nous, décideurs et experts, d’imposer nos limites. Nous devons exiger la même rigueur que pour n’importe quelle solution technologique traditionnelle. L’IA n’est pas une exception. Le sentiment d’urgence, artificiellement entretenu par une industrie avide de rentabiliser ses investissements à tout prix, ne doit pas nous faire abandonner nos garde-fous.

C’est à nous de savoir dire non. Tout simplement.

Source : https://openclaw.ai/blog/openclaw-rough-week